Islamisme radical versus White Power : les citoyens s’expriment

La « suprématie blanche » fait moins peur que l'islam radical au Québec et au Canada


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Les Canadiens sont toujours plus inquiets de l’islam radical que de la « suprématie blanche ». Plus de la moitié des Québécois croient aujourd’hui que des personnes radicalisées vivent parmi eux.

Les Canadiens croient qu’il est plus probable que la prochaine attaque terroriste sur le sol canadien soit motivée par des islamistes que par des « suprématistes blancs ».

C’est une des conclusions tirée d’un nouveau sondage Angus Reid fait pour le compte de la Fondation canadienne des relations raciales, un organisme « consacré à l’élimination du racisme et toutes les formes de discriminations raciales dans la société canadienne ».

C’est la deuxième fois que ce sondage est mené en quatre ans; la première fois étant suite aux attentats islamistes de 2014 à la Colline parlementaire (Ontario) et à Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec). Les résultats de 2018 ont évolué.

The Post Millennial vous propose un résumé ci-dessous; les statistiques complètes sont disponibles ici.

Données canadiennes en bref

En matière de prévention, à peine la moitié des Canadiens (54%) se disent « confiants » ou « très confiants » quant à la capacité des forces gouvernementales (GRC, SCRS) d’empêcher les personnes « radicalisées » du pays d’y perpétrer des attentats terroristes.

Quatre Canadiens sur dix (41%) sont convaincus que des personnes radicalisées vivent dans leur quartier, une augmentation significative depuis 2014 (35%). En 2018, le quart (24%) des répondants affirme qu’il n’existe pas d’individus de ce type là où ils vivent, et le reste (35%) n’exprime pas de certitudes.

La plupart des électeurs du Parti conservateur du Canada (61%) considère maintenant la communauté musulmane comme « une partie du problème », alors qu’en 2014, ce groupe était divisé sur la question.

Les répondants plus jeunes sont toujours les seuls à dire que la menace du terrorisme interne est « exagérée » (54%) plutôt qu’une menace sérieuse (46%), mais l’écart entre eux et les autres groupes d’âge a diminué à cet égard depuis 2014.

Sur cette dernière question, le sondage a également révélé (tous groupes d’âge confondus) que 54% des personnes interrogées voient le terrorisme national comme une véritable menace plutôt qu’une exagération par les politiciens et les médias.

Paradoxe des chiffres québécois

Plus de la moitié des Québécois (52%) croient aujourd’hui que des personnes radicalisées vivent parmi eux. C’est une hausse vertigineuse de 22 points par rapport au sondage de 2014.

Paradoxalement, l’idée que le terrorisme d’origine local serait une menace sérieuse pour le Canada a chuté de 19 points, tombant de 69% en 2014 pour s’établir à 50% en 2018 au Québec.

Sans choisir la thèse la plus probable, la maison de sondage propose deux explications pour cette diminution : des initiatives du gouvernement du Québec tels que « L’Appel de Québec » (un document produit à la Conférence Québec-UNESCO) ou bien un changement d’attitudes et de perceptions dans la population québécoise suite à la tuerie dans une mosquée en janvier 2017.

Ça doit être le document produit dans un comité…

Islam radical et « suprématisme blanc »

Autre donnée intéressante : les résidents du Québec sont les personnes sondées les plus susceptibles – et de loin – d’exprimer « beaucoup de préoccupations » à propos de l’islam radical. Près des deux tiers des répondants de la province (64%) s’expriment en ce sens, soit 10 points de pourcentage de plus que le prochain total régional le plus élevé (54% en Alberta).

À noter : cette question demandait aux répondants de choisir entre deux causes de « préoccupations » et non pas entre deux sources probables de terrorisme.

Partout au Canada, ce sont les femmes de moins de 55 ans qui ont d’avantage peur du « suprématisme blanc ». Les femmes ont par contre autant peur de l’islam radical que les hommes.

Angus Reid affirme que l’islamisme radicalisé et le « suprématisme blanc » ont tous deux été sources d’attentats terroristes au pays. La maison de sondage présente la tuerie de la mosquée de Québec comme étant l’incident incarnant la « suprématie blanche » au Canada en citant un article du « Globe and Mail » faisant état des commentaires et préférences de l’auteur de l’attaque sur les réseaux sociaux, notant qu’il avait mis un « j’aime » sur la page Facebook de Marine Le Pen.

Quelles solutions pouvons-nous apporter?

Considérons les grandes lignes et quelques idées, sachant que le Canada est un pays multiculturel avec une population diversifiée.

  • Les Canadiens sont majoritairement plus inquiets de l’islam radical que de la « suprématie blanche ». Il faudrait donc investir dans la répression du radicalisme islamique plutôt que les initiatives anti-racistes ciblant les populations blanches.
  • Les Canadiens croient que les personnes radicalisées vivent dans leurs communautés. Il faudrait donc une approche qui aide les autorités à trouver ces éléments à risque autant dans les communautés urbaines que dans les régions.
  • Les Canadiens croient que le terrorisme représente une véritable menace et ne serait pas un phénomène exagéré; cette croyance augmente même chez les jeunes. Le gouvernement devrait donc prendre la question au sérieux afin de réduire les préoccupations du public.
  • Seulement la moitié des Canadiens croient que gouvernement est capable d’empêcher les attentats. C’est l’élément le plus troublant : si la Gendarmerie royale canadienne et le Service canadien du renseignement de sécurité n’inspirent pas la confiance pour un Canadien sur deux, alors ils ne font pas leur travail adéquatement.

À la lumière de ces données, les gouvernements devraient répondre aux réelles préoccupations des citoyens en ciblant vigoureusement les vraies sources du terrorisme.


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Raymond Ayas

Un homme d'affaires à Montréal, Raymond aime discuter de politique et d'économie.

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