Derrière le « Vive le Québec » de Faith Goldy

Ça fait drôle de voir des centaines de Québécois chanter « Canada! Canada! » tenant leurs fleurdelisés bien haut.


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Des manifestants arborant leurs drapeaux avancent vers la frontière entre le Canada et les États-Unis, sur le chemin Roxham. Jean-Claude Tremblay.

Ça fait drôle de voir des centaines de Québécois chanter « Canada! Canada! » tenant leurs fleurdelisés bien haut.

Hier, à la manifestation organisée par Faith Goldy et quelques groupes citoyens québécois, des manifestants majoritairement issus du Québec ont défendu le Canada – et l’intégrité de ses frontières – en tenant fièrement leurs drapeaux du Québec.

Lorsque je vois autant de fleurdelisés, c’est d’habitude lors de la Saint-Jean Baptiste, une fête nationale où l’on crie plutôt « Vive le Québec libre ».

Qu’est-il arrivé hier sur le Chemin Roxham, près du poste de Saint-Bernard-de-Lacolle, où quotidiennement des centaines de migrants franchissent illégalement la frontière canadienne?

Concrètement : les citoyens ont respecté la police. Ils ont manifesté pacifiquement une fois que les Antifas ont dégagé – un fait rapporté par aucun média autre que The Post Millennial, et ce malgré la présence des caméras de CTV News et CBC/Radio-Canada.

Deux fronts de combat pour les nationalistes Québécois

De manière plus symbolique, j’ai observé un intéressant paradoxe : les Québécois défendent leur identité canadienne face aux migrants clandestins… tout en affirmant leur identité française dans un Canada anglais!

Les Québécois ne veulent pas mourir comme peuple, ni aux mains du mondialisme sans frontières, ni aux mains du multiculturalisme canadien. Peut-être que je me fais des idées, mais c’est ce que j’ai vu dans la vague bleue.

Oui, il y avait des unifoliés et des Red Ensign, cet ancien drapeau du Canada (jamais adopté par le Parlement). J’ai également vu des drapeaux ontariens et mohawk. Cependant, ce n’étaient que des points rouges dans l’océan de croix blanches sur fond bleu et fleuri.

Ce n’est pas pour rien que Faith Goldy a déclaré que le Québec est l’épicentre du nationalisme au Canada en ce moment.

Fraternité et admiration

En vérité, l’évènement était une étonnante rencontre de patriotes de toutes origines. La dualité canadienne s’exprimait dans la joie. Malgré la barrière linguistique qui s’érigeait à quelques moments, les chansons et sourires étaient au rendez-vous. La fraternité entre nationalistes était palpable.

Sous les acclamations de la foule, Faith Goldy a dit que « le Canada est né ici » et a poursuivi avec un « Vive le Québec ». On n’entend pas ça tous les jours de la bouche des nationalistes canadiens anglais!

Goldy n’était pas la seule qui exprimait son admiration. J’ai senti chez les concitoyens du « rest of Canada » une reconnaissance envers les Québécois pour leur forte présence.

Admiration ou jalousie? Voyant la fierté des Québécois pour leur identité, un Ontarien a dit tout haut qu’il rêvait que ses compatriotes puissent être aussi fiers d’être ontariens. Ensuite, il a communiqué son désir d’être là pour défendre le Québec… parce qu’aujourd’hui les Québécois défendent le Canada.

Wow.

Voilà le deuxième paradoxe, aussi significatif que le premier à mon avis : alors qu’ils tiennent au Canada uni, les patriotes « anglais » respectent la volonté des Québécois de survivre culturellement – et comprennent leur besoin d’exister en tant que nation – au point où ils veulent la défendre.

Paradoxes… ou nationalismes décomplexés? Nous devrions y réfléchir. En tout cas, ce n’est pas le Canada « post-national » de Justin Trudeau que j’ai vu hier.


3 Comments

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  1. l’ “identité Québécoise” est une construction qui date de 50 ans.
    Avant d’être des Québécois, les gens d’origine Française habitant le territoire du Québec depuis le 17e siècle étaient des “Canadiens-Français”, une identité fondée dans une ethnicité spécifique, une religion spécifique, une langue, et une culture, et une histoire commune.

    Fonder l’identité d’un peuple sur une langue (déracinée de la culture, de l’histoire et de la religion qui a forgé cette langue), et un territoire est un processus de déculturation et d’américanisation.

    Il n’est donc pas si surprenant que cela que des mouvements qui tendent vers la contre-révolution, et l’anti-libéralisme (mouvements libertariens, de droites), se rapprochent d’une notion plus historiquement réelle de l’identité des peuples.

Raymond Ayas

Un homme d'affaires à Montréal, Raymond aime discuter de politique et d'économie.

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