Boycotter les produits américains – quelle farce!

Il paraît que les Canadiens sont tellement choqués contre Donald Trump qu’ils ont organisé un boycott des produits américains.


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Les fraises canadiennes se vendent bien mais pas les américaines, paraît-il
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Il paraît que les Canadiens sont tellement choqués contre Donald Trump qu’ils ont organisé un boycott des produits américains.

Même les Québécois seraient à bout. On est rendus des patriotes canadiens maintenant, unis par l’ennemi commun. L’Amérique nous a insultés, alors on achète les fraises ontariennes. Mieux : on le prouve avec des belles photos sur Twitter. Dans tes dents, Oncle Sam!

C’est ce que les médias nous disent en tout cas. CTV News nous parle de Canadiens enragés qui punissent Trump après ses attaques sur Trudeau. Le New York Post prétend que les Canadiens annulent leurs voyages aux États-Unis.

Alors, est-ce conforme à la réalité, ou du sensationnalisme? J’ai voulu faire une enquête rapide, à savoir : boycottons-nous vraiment les produits des américains?

J’estime que la fréquentation de McDonald et de Starbucks devrait être un bon baromètre du sentiment du prétendu nationalisme économique. Alors j’ai été voir.

Premier stop : le McDonald de la Gare centrale de Montréal. C’était plein à craquer, comme tous les jours que j’y vais. Mais il n’est peut-être pas représentatif, car le café McDo est bon marché, et à l’heure de pointe tout le monde veut un café en arrivant au bureau.

Starbucks, par contre, vend ses cafés trois fois plus chers. Deuxième stop au Starbucks, alors.

Il fallait vraiment voir la file d’attente devant les deux Starbucks que j’ai visités ce matin pour ne pas croire en ces histoires de boycott. La première en sortant de la Gare Centrale de Montréal et la deuxième à Place Ville-Marie. Les files étaient pareilles à celles de tous les jours.

Fin de mon enquête pas du tout scientifique, mais qui donne zéro preuve de nationalisme économique et aucune diminution de l’engouement pour les marques phares du capitalisme américain.

On va l’avoir, le Donald…

Et si ces histoires de boycott étaient vraies?

 

Buy Canada first, eh! Considérons l’impact un peu.

On promeut la culture Canadienne / Québécoise mais on écoute la musique et les films américains.

On veut conduire nos voitures, mais toutes nos raffineries ou presque sont fermées et notre essence vient des États-Unis.

Le Canada ne produit plus de technologie, ce n’est pas demain qu’on va acheter des BlackBerry en masse. Qui va se départir de son IPhone? Qui va se passer de Google Maps pour se déplacer ou de Facebook pour communiquer?

On veut acheter des Cheerios « made in Canada » mais Post est une entreprise agroalimentaire américaine. Les profits iront au Missouri.

Ils l’ont tu l’affaire, les Américains!

Finalement, on n’ira plus en voyage aux États cet été pour punir Donald… mais le dollar canadien touche le fond et on n’y allait probablement pas cette année de toute façon!

Allons, c’est une grosse farce ce boycott. Autant que j’aimerais voir les Canadiens favoriser leur propre économie, ce n’est pas demain la veille.


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Raymond Ayas

Un homme d'affaires à Montréal, Raymond aime discuter de politique et d'économie.

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