Bloc Québécois : Vote Impossible

Simulations de l'exode des électeurs du Bloc Québécois


1
16 shares, 1 point
Donate All donations go towards promoting independent journalism and this month's charity.

Il est statistiquement impossible pour le Bloc Québécois de gagner un seul siège en 2019*. Démonstration chiffrée ci-dessous.

J’arrive à cette conclusion en analysant les chiffres de l’élection de 2015 et en modélisant l’impact de la crise au sein du Bloc Québécois.

*Ok rien est impossible… mais c’est fortement improbable.

Résultats électoraux du Bloc Québécois en 2015

Commençons avec les résultats au scrutin des députés bloquistes élus au Parlement en 2015. Je note que les résultats absolus sont relativement bas : seulement trois sur dix ont des scores supérieurs à 35 pourcent des suffrages exprimés :

Élus du Bloc Québécois aux élections fédérales canadiennes de 2015

Comparons avec le finaliste de chaque circonscription électorale, soit le candidat arrivé en 2e place :

Candidats arrivés en deuxième place aux élections fédérales canadiennes de 2015

1 Nombre de votes de différence entre le score du finaliste et celui du candidat du Bloc ayant gagné

2 Pourcentage de différence entre le score du finaliste et celui du candidat du Bloc ayant gagné

Dans tous les cas sauf deux la différence entre le score du Bloc Québécois et celui du finaliste est inférieure à dix pourcent des suffrages exprimés. De plus, six sur dix des marges bloquistes sont de 5 pourcent ou moins.

Sympathisants perdus

Maintenant qu’il est démontré que les majorités de 2015 sont assez faibles, chiffrons l’impact de la chicane au Bloc Québécois. Nous pouvons segmenter les électeurs du Bloc en trois : 1- les purs et durs qui voteront toujours Bloc, nommons-les « les inconditionnels », 2- ceux qui se tournent vers la nouvelle formation Québec Debout, que nous baptisons « les infidèles », et 3- les ex-sympathisants qui ne veulent plus rien savoir de ni un ni l’autre, soit « les écœurés ».

En 2019, en dehors d’une intercession divine qui puisse attirer des nouveaux électeurs au Bloc, les écœurés quitteront les options souverainistes tout court, laissant au Bloc Québécois et à Québec Debout le loisir de se diviser les inconditionnels et les infidèles.

Disons que les écœurés seront de l’ordre de 15% des électeurs du Bloc en 2015. C’est une estimation conservatrice, et considérons qu’ils ne voteront pas pour le finaliste.

Chiffrons maintenant le clivage entre les inconditionnels du Bloc Québécois et les infidèles qui voteront Québec Debout. Soit la séparation sera 50/50 (simulation 1) soit elle sera inégale (et soyons optimistes, en faveur du Bloc) disons 70/30 (simulation 2), suite à la perte de 15% des écœurés.

Candidats arrivés en deuxième place aux élections fédérales canadiennes de 2015

Aucune chance pour le Bloc

Dans la simulation 1, un scénario raisonnable si l’on croit que Québec Debout pourrait ravir la moitié des sympathisants du Bloc Québécois, c’est une boucherie. Le Bloc s’incline solidement face à l’opposition.

L’écart entre le résultat du Bloc et du finaliste vire au négatif dans toutes les circonscriptions, et ce même à la simulation 2 où le Bloc parvient à garder 70% de ses électeurs face à Québec Debout après l’exode naturel de 15% des gens qui n’en peuvent plus des querelles intestines.

Fait à noter : même le château fort de Bécancour—Nicolet—Saurel  (qui dominait avec 40% des suffrages exprimés en 2015) passe au rouge.

Dailleurs, une perte de seulement 5% des votes de 2015 feraient perdre les circonscriptions électorales de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères et de Mirabel. Dans un tel scénario, Rivière-du-Nord tiendrait à un fil avec une mince victoire de 0.30%. Une perte de 25% des appuis au Bloc se solde par une perte de pas moins de sept sièges au Parlement.

Les chances pour Québec Debout?

Dans la simulation 1 (la perte des écœurés et la division 50/50 de ce qui reste) Québec Debout ferait le même score que le Bloc Québécois. Dans la simulation 2, le résultat serait pire.

Dans un cas inversé, soit 30% de rétention pour le Bloc et 70% de gains pour Québec Debout, les résultats seraient ceux de la simulation 2 pour le Bloc mais en faveur de Québec Debout.

Cet article n’a pas comme objectif de prévoir les résultats de Québec Debout. C’est un nouveau parti qui peut potentiellement tenir un discours qui attire des gens du Parti Libéral, du Nouveau Parti Démocratique et du Parti Conservateur. Ça dépend de l’offre politique. Il peut aussi produire un populiste phénoménal… et le Québec est mûr pour un bon populiste. Bref, il y a beaucoup de facteurs en jeu, et en politique 18 mois est très long.

Toutefois, c’est mon opinion qu’à cause de la crise, le Bloc n’a pas d’espoir d’expansion ; il peut seulement perdre des sympathisants et je prévois au mieux un scénario tel que celui prévu dans la simulation 2. Soit sa disparition de l’échiquier politique canadien.


One Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

  1. excellent enfin comme de vrais démonstrations et chiffres à l,appui comme j,essaie de le faire depuis si longtemps ayant travaillé à oplus de 15 élections féférales et provinciales et ces dernières à titre officielle . soit du DGE ou du GGEQ mais de nombreuses autres à trite de bénévole et /ou d,indépendants alors … bravo très réalistes et comme il se devait depuis longtemps et se malgré leur manque de parole ils sont en phase terminal AMEN et R.i.P.

Raymond Ayas

Un homme d'affaires à Montréal, Raymond aime discuter de politique et d'économie.

Choose A Format
Story
Formatted Text with Embeds and Visuals
Video
Youtube, Vimeo or Vine Embeds